INFORMATIONS ET MEMOIRES DES OPEX


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Tarbes : deux nouveaux soldats du 1er RHP trouvent la mort lors de l'opération Barkhane au Mali.

 condoléances aux familles, aux proches et aux frères d’armes .

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https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/hautes-pyrenees/tarbes/tarbes-deux-nouveaux-soldats-du-1er-rhp-trouvent-mort-lors-operation-barkhane-au-mali-1869966.html 



Morts pour la France le 18 août 2008 à Uzbeen !

 

In Memoriam

18 août 2008 : Sergent Damien BUIL - 8e RPIMa - Caporal Kévin CHASSAING - 8e RPIMa - Adjudant Sébastien DEVEZ - 8e RPIMa - Caporal Damien GAILLET - 8e RPIMa - Sergent Nicolas GREGOIRE - 8e RPIMa - Caporal Julien LE PAHUN - 8e RPIMa - Sergent Rodolphe PENON - 2e REP - Caporal Anthony RIVIERE - 8e RPIMa - Caporal Alexis TAANI - 8e RPIMa.

19 août 2008 : Caporal Melam BAOUMA - RMT


Le 18 août 2008, une patrouille composée d'une centaine d'hommes quitte la base opérationnelle avancée de Tora à bord d'une vingtaine de véhicules blindés. Elle comprend la section Carmin 2 du 8e Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine, la section Rouge 4 du Régiment de Marche du Tchad, une autre de l'Armée nationale afghane (ANA), une section de la garde nationale afghane composée de 15 hommes et 12 membres des forces spéciales américaines. La mission consiste à reconnaître le terrain et prendre contact avec les populations. Pendant ce temps, 140 insurgés prennent position sur le col que la patrouille doit traverser. Cette préparation des insurgés avait fait suspecter une fuite d'information provenant notamment de traducteurs afghans, disparus peu auparavant du camp de Tora.

Vers 13h30, après avoir débarqué de quatre véhicules de l'avant blindé (VAB) parce qu'il était impossible de poursuivre par la piste, une partie de la section Carmin 2 accompagnée d'un Légionnaire du 2e Régiment Etranger de Parachutistes et d'un interprète, soit 24 hommes, effectue à pied une reconnaissance d'un petit col à 1 750 mètres d'altitude situé à l'est de la vallée d'Uzbeen et contrôlant les accès dominant le village de Sper Kunday, et situé à 10 kilomètres à peine de leur base. Les quatre VAB de Carmin 2 et leurs équipages, soit 8 hommes, restent en soutien au pied du col, plus loin se trouve la section Rouge 4. La colonne s'étirant, les premiers éléments arrivent à 15h30 ou 15h45 selon les sources à 50 mètres du but. C'est alors que les talibans, situés sur la crête septentrionale, ouvrent le feu avec des fusils de sniper SVD Dragunov, des fusils d'assaut AK-47 et des lance-roquettes RPG-719. L'avant garde de la section Carmin 2, prise par surprise et en infériorité numérique, est débordée. Les combats sont confus, ont lieu dans la poussière, les belligérants sont très proches et il y a des pertes des deux côtés dès les premières minutes de l'engagement. Le chef de section, l'Adjudant Gaëtan Évrard, blessé, compare à la radio la situation à la bataille de Bazeilles. L'interprète et un opérateur radio sont mortellement blessés, une deuxième radio est détruite et la colonne se disperse pour chercher des abris et s'éparpille sur 200 mètres. Les soldats Français au nombre de 24 se battent à 1 contre 5 ! La patrouille demande des renforts dès 15h52, puis le chef de section de Carmin 2 demande un appui aérien, à 16 h 10, guidé par l'équipe JTAC américain. Deux McDonnell Douglas F-15 Eagle américains en alerte arrivent quelques minutes plus tard mais ne peuvent bombarder car Français et talibans sont trop proches les uns des autres. La position est intenable pour la partie de Carmin 2 en haut du col qui essaye de se mettre à couvert des tirs croisés en ripostant au FAMAS ; des duels de snipers ont lieu. Les talibans sont si proches que les Français utilisent des grenades à main pour se dégager. Certains soldats Français se sacrifient pour couvrir la retraite de leur section et de leur Sous-Officier, maintenir le contact radio ou pour tenter de secourir les blessés. La force de réaction rapide appelée en renfort depuis Tora rejoint la zone de combat une heure vingt minutes après le début de la bataille, soit à 17h05. Elle est composée des sections Rouge 3 du RMT et Carmin 3 du 8e RPIMa.À 17h50, les talibans continuent l'encerclement malgré les renforts et s'approchent dangereusement de Sper Kunday. La situation devenant critique les Thunderbolt II et les Kiowa commencent leurs tirs d’appui aérien malgré la proximité des combattants. Deux hélicoptères Black Hawk américains essayent d'évacuer les blessés mais ne peuvent se poser à cause des nombreux tirs talibans. À 18h15, deux hélicoptères Caracal venus de Kaboul déposent un médecin et des commandos de l'air puis, lors d'une deuxième rotation, quatre tonnes de fret dont trois et demi de munitions qui ont été immédiatement acheminés aux éléments sous le feu. Les deux hélicoptères ainsi que le personnel soignant et les commandos de l'armée de l'air déposés sur la zone de combat, assurent ravitaillement et évacuation médicale de 18h00 à 8h00 le lendemain matin, soit 14 heures en continu. À 18h25, les mortiers de 81 mm du groupe de renfort commencent leurs tirs. Certains éléments de Carmin 2 restent quatre heures encerclés sans renfort, dont une bonne partie sans autres munitions que celles de leur FAMAS, d'autres plus de huit heures. Des ravitaillements en munitions et surtout en eau ont été effectués pendant la nuit. Les renforts en provenance de Kaboul arrivent par la route. Ils sont constitués de trois sections du RMT ainsi que d'appui lourd sous la forme de tirs de mortier de 120 mm. Les premiers blessés sont évacués par les deux hélicoptères Caracal. Des drones Predator guident les tirs alors qu'il fait nuit. La section Carmin 3 suivie de la section Rouge 3 du RMT reprennent les positions perdues sur les pentes menant au col. À 1h40 le 19 août 2008, les premiers corps des soldats sont retrouvés. Les derniers ne sont retrouvés que le matin. Tout au long de la nuit, les éléments de Carmin 2 coincés en haut du col redescendent en rampant dans l'obscurité, parfois à quelques mètres des talibans. À l'aube, les troupes de la FIAS ont repris le contrôle du col où une section Carmin 1 est héliportée en renfort en Caracal. Ses éléments commencent à reconnaître les crêtes commandant le col, mais ils sont rapidement pris à parti par des tirs de mortier, d'armes légères et de mitrailleuse depuis le nord. Ils réussissent à se dégager et à détruire les positions de leurs assaillants en effectuant un tir de mortier de 120 mm. À midi les talibans ont décroché, la vallée est à nouveau sous contrôle de la FIAS qui procède au désengagement complet. Les pertes de la FIAS sont lourdes surtout pour l’Armée Française qui perd 10 hommes. Il y a en outre 21 blessés Français. Selon l'Etat-Major de l'Armée Française, 40 insurgés sont mis hors de combat dont 2 chefs rebelles le jour de l'embuscade, et environ 40 autres rebelles sont également mis hors de combat dans les jours qui suivent lors d'opérations de contre-attaque.

L'embuscade d'Uzbeen représente l'abnégation et le courage qu'à fait preuve l'Armée Française, se battant à 1 contre 5, rappelant la bataille de Camerone le 30 avril 1863 (63 Légionnaires contre 2000 soldats mexicains) et celle de Bazeilles (les Marsouins luttant à 1 contre 10 le 31 août 1870).